Le Village rural d'ANGALAKUPPAM

 

Identification du village :

Le village d'Angalakuppam a été sélectionné en septembre 2000 en raison de sa situation géographique, de la précarité des activités de ses habitants, du faible niveau d'éducation et surtout de l'absence de facilités et de services de base. De plus, aucune ONG ne soutenait ce village.

Le village est situé à 15 km au sud de Pondichéry, sur la route de Cuddalore. Il se trouve dans l'état du Tamil Nadu, à la limite de l'état de Pondichéry, et cette situation empêche le village de bénéficier des avantages et des installations du gouvernement de Pondichéry. Situé au milieu des cultures de riz et de cacahuètes, barré au sud par une rivière, il est parfois inondé pendant la mousson. Composé de huttes, et desservi de chemins de terre, il comprend environ 120 familles. Le village couvre une superficie assez importante, permettant aux huttes d'être relativement indépendantes les unes des autres. De grands arbres protègent les habitations des rigueurs de l'été, et l'environnement est verdoyant. Le village bénéficie d'un robinet d'eau pour 5 ou 6 maisons et d'une ampoule électrique par maison. Il n'y a ni sanitaires, ni téléphone, ni dispensaire ou aucune commodité collective à proximité. Il n'existe pas d'école dans le village, une école primaire se trouve dans le village voisin. La principale activité des habitants d'Angalakuppam est agricole : ils sont donc pour la plupart des ouvriers journaliers, dont le salaire moyen est faible. Ils n'ont de travail que 8 mois sur 12.

Niveau d'éducation au départ :

Le niveau d'éducation de la population du village est faible. De plus, Angalakuppam étant situé relativement loin de Pondichéry ses habitants ne sont pas familiarisés avec les règles de la vie en ville. En dépit de conditions économiques et sociales très défavorisées, il y a chez les habitants d'Angalakuppam une réelle volonté d'envoyer leurs enfants à l'école. Malheureusement, sans aucune aide ou intervention extérieure, cela reste problématique. Aujourd'hui, tous les enfants du village sont scolarisés grâce au parrainage collectif initié par l'Ag2r, puis relayé par l'ISICA.

Identification des besoins
Pour l'association Sharana, l'important est d'être toujours à l'écoute des plus démunis. Un projet qui ne tiendrait pas compte des souhaits de la population elle-même aurait toutes les chances d'échouer. Il faut qu'un intérêt commun se dégage pour décider ensemble d'un projet collectif. C'est donc après une enquête exhaustive et approfondie auprès de l'ensemble des familles que l'association Sharana a pu dégager les besoins de la communauté en hiérarchisant les priorités (créer une crèche, installer un dispensaire, envoyer les enfants à l'école...).

Sharana a ensuite élaboré un projet global
 
Un projet qui réunisse les habitants et les fédère, qui fasse de la complexité de leurs besoins une richesse au service de tous. Il est important que ce projet leur permette de mieux vivre dans leur espace, afin de maintenir les populations en milieu rural, afin que ces villageois n'aillent pas un jour grossir les bidonvilles de Pondichéry, en quête d'hypothétiques meilleures conditions de vie. Les responsables de Sharana ont imaginé une structure capable de servir de "plateforme" de développement, un centre médico-social qui assurerait les services de crèche, dispensaire, cours du soir à l'intérieur même du village, mais qui serait aussi un lieu de réunion, d'information, de formation... etc.

Description du Centre Social :

La structure est constituée des pièces suivantes :
- une grande salle commune, modulable en fonction des activités (crèche, réunions, formations) et du nombre de personnes
- une petite cuisine d'appoint (permettant de faire bouillir de l'eau ou du lait, et de préparer le repas des enfants...)
- une pièce servant de dispensaire, avec les médicaments de première urgence
- un petit bureau pour le travailleur social, avec le téléphone une partie WC et point d'eau pour le linge et douches
- des sanitaires pour les enfants et pour les adultes

Le bâtiment est simple et s'intègre bien dans l'ensemble de l'architecture du village.

Les habitants ont permis à l'association d'acquérir un terrain propice à l'implantation de ce centre. Ils ont convaincu l'ancien propriétaire de le vendre à un prix raisonnable à l'association. Sharana a souhaité que les habitants participent activement à la construction car ce n'est qu'en s'impliquant qu'ils peuvent s'identifier et s'approprier ce lieu. Ils ont été très enthousiastes car ils ont pris ainsi conscience de leur propre capacité à améliorer leur niveau de vie. Les responsables de l'association sont très vigilants afin de rester à l'écoute et toujours proches des préoccupations des villageois. Le bâtiment doit être fait avec les gens du village et il doit être à leur service. Les femmes doivent s'y sentir bienvenues, écoutées, libres de parler et en sécurité.

Le bâtiment a été financé par 3 associations différentes : ADISE (Association pour le Développement en Inde de la Santé et de l'Education) située en France , AWWY (A Way With You) et Femmes d'Europe, situées en Belgique. Les charges de fonctionnement du centre sont prises en charge par : Sharana France. Le centre a été finalisé et a démarré ses activités en septembre 2001.

Education des enfants

Les besoins les plus cités par les habitants, et qui rejoignent tout à fait les objectifs de l'association Sharana, sont en priorité ceux de l'éducation des enfants (crèche, inscription à l'école, cours du soir...). Sharana a donc décidé d'aider la population à mettre en place les structures et les moyens nécessaires pour satisfaire ces besoins.

a)Un système de parrainage collectif a été mis en place dans le village pour financer la scolarisation de tous les enfants du village.

b)Une crèche a été créée avec deux objectifs principaux : libérer les femmes de la garde des tout petits et leur permettre de trouver du travail, libérer les aînés de la garde des petits les empêchant d'aller à l'école.


La maîtresse de maternelle en intéraction avec les enfants de la crèche

La crèche est ouverte tous les jours (sauf le Dimanche). 20 enfants de 18 mois à 5 ans profitent de ce lieu d'éveil privilégié.




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